Les voyageurs au sang d'or

Éditions Foyer culturel de l’Houtland, 1991

Éditions du Puits de Roulle, 2010

Résumé :

Ils sont Gitans, Tsiganes, Manouches, Romanichels, Sintis, Bohémiens... Ils sont Roms, ils sont êtres humains.
Partis de l'Inde lointaine il y a plus de mille ans, ils n'ont cessé de migrer à travers le temps et l'espace vivant en clans, parfois craints, souvent maltraités au cours de leur longue histoire.
Dans son roman "Les Voyageurs au sang d'or", Kathy Dauthuille rend un hommage vibrant au peuple Rom. Elle nous fait pénétrer à l'intérieur d'un monde fermé, pourtant synonyme de liberté. Avec une écriture emprunte de poésie et de mystère, elle nous fait entrer en résonance avec la fibre humaine que nous portons tous au fond de nous. Tout au long d’un voyage en compagnie des Fils du Vent, l’eau semble parfois porter les roulottes qui sillonnent la terre en une mélopée toujours renouvelée.

Un "gadjé" Aurélien entre dans le milieu des "cales". C'est une longue aventure qui permet au héros de parler des modes de vie des "Fils du vent" et de raconter sous forme poétique leur épopée en Espagne et dans le sud de la France, notamment aux Saintes-Maries-de-la-mer.

Commande du livre dédicacé auprès de l'auteur

via l'onglet "Contact"

Prix : 15,85 € + fdp : 2,99 €

Roman préfacé par Jean-François Maury, Inspecteur d' Académie :

"Cette méditation au croisement de l’espace et du temps se chante en une longue mélopée flamenca. Non pas celles, chatoyantes et rageuses qui font la joie superficielle des touristes, mais plutôt dans ce chant profond né d’un être habité des saisons, rythmé aux pas de la tribu traversant, souveraine, l’air de la tradition, celui que l’on apprend à respirer, à respecter, et qui vous donne tout à la fois votre identité et votre différence, votre liberté et votre enclos."

Ce livre est dédié à Manitas de Plata.

 

"Bravo pour votre amour des gens du voyage
Bravo pour la belle histoire que vous contez
Avec toute mon amitié et celles des miens"

Manitas de Plata

1ère édition : collage original de l'auteur

Presse :

"Gitans, flamenco, poésies", causerie donnée le 20 avril 1991 à Saint-Pol sur Ternoise
" Après avoir parlé de Henri Bosco en 1983 et de Federico Garcia Lorca en 1989 "Le pouvoir incantatoire de la poésie de F.G. Lorca", Kathy Dauthuille nous propose le sujet suivant : 'Gitans, flamenco, poésies".
"Tourbillons de chants et de lumière au musée"
'Le flamenco est un chant "d'initiés", exigeant un temps de silence et de recueillement préparatoire où les forces se regroupent pour libérer ensuite par la voix, les gestes et les positions du corps le "cri" intérieur, ardent mais sans cesse maîtrisé.'

La Voix du Nord le jeudi 25 avril 1991

"Qu'ils marient un des leurs (la jolie et sensible Tara), décident de tirer parti d’une foire proche pour vendre ou acheter des bêtes, qu’ils partent en pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer ou bien qu’ils enterrent pudiquement le père du jeune héros : Yerko (l'amoureux, puis le mari de Tara), tout ceci est décrit d’une plume aussi charmante et ailée que la flamme qui porte l’auteur. Les chapitres se suivent et s’enchaînent avec bonheur et simplicité. Car, ici tout se tient : la nature (et les hommes qui y vivent et en vivent), les animaux : les chevaux, les taureaux, ces splendides et indispensables compagnons, sans compter ces alliés des sortilèges et des magies ou conjurations de maléfices : les plantes avec leurs saveurs, leurs odeurs et la fraîcheur des marécages."

Jeanne Maillet, L’abeille de la Ternoise, le 26 avril 1996

Article de Régor Mougeot sur le Blog Vivrevouivre : Clic !

La vidéo sur "Les voyageurs au sang d'or" faite par l'Association "Les amis de La Vaunage"

En 1996, alors qu’une première édition des « Voyageurs au sang d’or » voit le jour, elle rencontre Manitas de Plata à qui elle remet en mains propres son roman qu'elle lui avait dédié. Un véritable hommage aux Fils du Vent, plébiscité par le célèbre guitariste gitan.

 En 2009, Kathy Dauthuille est contactée par les Éditions du Puits de Roulle. L’ éditrice Stéphanie Lahana vient de lire un de ses ouvrages et souhaite en savoir plus sur ses écrits qui semblent s’inscrire parfaitement dans la ligne éditoriale de cette nouvelle maison d’édition nîmoise, qui est de publier des ouvrages permettant au lecteur de mieux comprendre et d'honorer les liens entre les hommes, quels qu'ils soient et d'où qu'ils viennent.

Quelques mois plus tard, « Les voyageurs au sang d’or », ces fils du vent, reprennent la route… une manière de contribuer à la reconnaissance de ce peuple en cette année 2010, consacrée à la mémoire de l'internement des Tziganes en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Au début mai commença le festival Drom de Nîmes où Kathy Dauthuille, accompagnée de son éditrice Stéphanie Lahana, commença la dédicace de ses premiers exemplaires "Les voyageurs au sang d'or" ; les échanges furent vivants et très intéressants.

  Le 24 et le 25 mai, jours de pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer, l'écrivain tenait un stand devant la librairie Michel près de l'église.  Gitans et gitanes furent nombreux à venir consulter le livre, poser des questions ou la remercier. Des touristes français, belges, italiens et brésiliens étaient heureux de se faire dédicacer le livre. Ce fut l'occasion également de réaliser une interview pour une télévision étrangère.

C'est le 24 mai, sur le parvis de l'église que l'auteur remit son livre à Manitas de Plata, à qui le roman est dédié, dans l'exaltation de son peuple et la lumière du lieu.

De même elle dédicaça son livre à El Mario, neveu de Manitas.

Extrait :

 

"Et la course vers le soleil couchant reprit comme si un fil invisible se mettait à tirer par intermittence et à la secousse duquel ils ne pouvaient résister.
Une grande force, un effluve d'énergie, une onde immense venait ébranler ces voyageurs privilégiés au fin fond d'eux-mêmes et ils répondaient inconditionnellement sans qu'ils connussent la véritable cause perdue depuis des générations dans la mémoire collective.
Parce qu'un jour fut insufflé en eux le désir de partir ; siècles après siècles, millénaires après millénaires peut-être, ils planteraient leur campement pour le lever quelques jours, quelques semaines après, mûs par le grand mouvement cyclique qu'ils sentaient vibrer en leurs entrailles.
Le grand chariot stellaire inversé reprenait sa course sur l'orbe terrestre.
Le long fleuve sans source coulait vers une mer jamais atteinte.
La quête les tiendrait jusqu'à leur dernier souffle pour être reprise ensuite par leur descendance, quête sublime née du mystère qui les alimentait, les poussait, forgeait leurs rêves.
Les obscures racines de leur destinée leur donnaient une vérité inaltérable d'hommes authentiques encore liés aux mystères cosmiques, aux grands symboles de leur histoire, exceptionnellement unis avec leurs dieux oubliés.
Ainsi vivaient-ils dans l'infini sillage émanant de leur patronne, dans cette chaude et douce ombre illuminée de l'intérieur, dans cette invisible mais prodigieuse aura de leur vierge noire, et l'or coulait en leurs veines."

Extrait :

"Par trois fois, ils plongèrent l’objet de leur vénération dans les vagues et par trois fois le ressortirent ruisselant d’eau, plus rayonnant que jamais après le bain lustral, retournant au bain initial qui jadis fit échouer la protégée par prédestination en cette terre des Bouches-du-Rhône.
Le soir, se répercutaient sur la plage les sons rythmés ou les longs accords graves des guitares, des violons, des tambourins et des luths.
C’était un foyer de musique, de diversités instrumentales, d’expression directe, de modulations, qui prenait le public et l’entraînait dans toute une sorte de chocs, de murmures, de surprise, d’extase.
Des groupes s’étaient formés autour de l’église et les jeunes dansaient la rumba gitana en entrant et sortant tour à tour des cercles improvisés.
Ainsi roms, manouches et gitans passaient les jours à goûter cette ambiance chaleureuse, à retrouver de vieilles connaissances, à se perdre en palabres, à se nourrir d’amitiés, de gaieté et de danse.
Des tziganes entonnaient des arpèges de l’international hymne à la route et ceux qui venaient de Yougoslavie étaient encore empreints de l’atmosphère de fête de la Saint-Georges ; par intervalles, ils interprétaient à l’accordéon, avec de profonds accents mélancoliques, des bribes du chant Ederlezi.
 

L’étamine floconneuse va
où la conduit le vent,
joue l’orgue de barbarie.
Ederlezi.

Le chant sacré annonce le printemps
et le fleuve millénaire
porte les torches en veilleuses.
Au bord du Gange inversé,
les cornes sourdes retentissent
tandis que monte l’hymne
aux forces telluriques.
Il n’est ni jour ni nuit
quand la brume se déchire
Ederlezi.

Ô fête rituelle
à la poignante nostalgie !
Le cœur des tziganes
s’ébranle et dérive
au son des tambours qui cognent
et des clochettes qui tintent.
Une même onde de bonheur
les enserre et les porte
quand l’émoi collectif
s’empare de leur cœur
et résonne dans leur sang...
Ederlezi.


Les Saintes-Maries étaient une perle jetée dans le monde, un Éden, une halte dans leur course effrénée autour de la terre ; l’îlot sacré où tous accosteraient, l’Atlantide éphémère des gitans, la pierre d’onyx dans les sillons de la terre, le soleil de la mémoire, le sanctuaire de l’oubli, le tombeau des croisades fluctuantes, le sarcophage de leur croyance."

Voici le livre "Les  voyageurs au sang d'or" lors d'une exposition sur les Gitans à Arles. Le photographe Pascal Servera présente le livre dans sa galerie.

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