Tissage

à Ioanna,

Sur le canevas de la feuille,

je brode mes mots

et dans le tissage de la page,

mes rêves deviennent coquelicots.

 

Et lorsque la navette passe,

épousant le fil de trame,

perdue dans mon histoire,

je m’oublie dans la toile.

 

Tour à tour, Pénélope ou Arachné

me tendent le fil ensoleillé 

que j’attrape dans le rythme

pour ajuster mes entrelacs bouclés.

 

Maintenant le motif se dessine,

la fibre est dans les lices ;

et tout en liant symboles et images,

les phrases et les idées, je tisse.

 

Mon livre est une tapisserie

à la substance de la grenade

et de l’œillet, la couleur,

car du bonheur ; il en est la fleur.